La Bible revue et annotée

Tant qu'à manger, dormir, baiser...

De quelles couleurs auraient pu être les weblogs du temps de Musil, Joyce, Borges , Kafka, Humsun, London, D'Annunzio et pour faire plaisir aux amis français, citons un nom des leurs, Léautaud ...s'il leur était possible de s'improviser carnetiers, à l'instar de tous ces digital beings. S'y seraient-ils adonnés? et quelles seraient leurs appréciations de cet exercice décidément des plus anodins? .... Que du conditionnel, n'est- ce pas ? C'est que j'ose à peine y penser, les virtualités que laisse en perspective cette uchronie me paraissent -et sont en effet- bien au-delà de mon entendement.

Je ne sais qui de U. Eco ou de P. Auster qui a dit qu "Avec internet, l'ère de la littérature ne fait que commencer" A peine osé-je y souscrire, moi qui regrette ne pas avoir vu le jour quand la civilisation en était encore au crottin. On écrivait alors, le calame à la main, des choses qui font encore figure de vérités premières, qui tiennent encore à l'heure qu'il est. Tout ce qui est en cours sur le marché des valeurs symboliques, me paraît comme une simple variante de ce qui a été accouché noir sur blanc depuis voilà des centaines d'années, voire des milliers d'années. Au mieux c'en est juste du plagiat prémonitoire.

Tant qu'à manger, dormir, baiser ... L'homme moderne ne fera que se répéter. Il lui faudra trouver une doxa inédite, une idée du bonheur qui ne sera plus entachée d'un quelconque pêché originel. Pour cela, il lui faut dans un premier temps réinventer la roue, la poudre et le fil à couper du beurre, en leur assignant des usages autres que ceux en vigueur jusqu'ici. De nouveaux usages avec pour ainsi dire un changement de perspective.

Après et seulement après, l'homme, c'est à dire toi, moi ou le petit homme, réécrira-t-il enfin de beaux textes, de la littérature à proprement parler, des bibles, oui les amis! des bibles, surtout des bibles .... mais sans majuscule aucune et contre toute idée d'application. Seront appelées ainsi non pas les révélations scripturaires, de quelque dieu qu'elles émanent, mais toutes les graphies qu'une cervelle d'homme puisse agencer de façon à ce qu'il y ait, au bout, le plaisir du texte. Nous serons tous hommes à écrire des bibles. Des bibles à l'eau de rose, des bibles grand public, des bibles avec nos effigies en ex-libris, des bibles blancs, d'autres jaunes ... il y aura même des bibles pour enfants ou pour les happy few. Qu'importe ! à chacun suivant son créneau respectif. Ces prophètes qui nous ont tant montés les uns contre les autres , ces prébendiers de l'édition ne seront plus que le souvenir d'eux-même, des has-been accomplis. L'on se mettra tous à tutuyer son petit bonhomme de dieu, un verre de whisky à la main; on lui assignera ses quatre vérités, comme pour lui demander du sel : fais moi écrire des bibles, non des cris de guerres. Mon dieu chéri, improvise-toi muse pour les besoins de ma bible haikuesque à venir. C'est un ordre! tu m'entends? ... Plus d'yeux baissés! finies les offrandes propitiatoires ! Pour peu que tu le lui intimes, en y mettant le ton qu'il faut, tu peux être sûr que le lendemain tu te réveilleras, répétant après Byron : "I woke and find myself famous."

Les bibliothèques seront pour une fois réhabilitées dans leur vocation première. Tu iras à la bibliothèque pour emprunter la dernière bible en date, celle-là même dont ta voisine de pallier s'est débarrassée, la salope, en la jetant à la poubelle. Ne t'inquiète pas ! Mon ami, presse-toi le pas vers la bibliothèque la plus proche et si la bible en question n'y est pas disponible sur le coup, repasse le lendemain ou alors choisis-en une autre car, mon ami, rien ne vaut une bible qu'une autre bible.

Sinon, tu peux te connecter mon ami. Tu téléchargeras alors "le vin sans la bouteille", ... sous format PDF. click

PS
Toutes les bibles seront tombées dans le domaine public. Les droits bilbiques seront nul et non avenu dans les 7 jours qui suivent leur révélation et non plus 70 ans. Les Français peuvent s'estimer lésés, eux qui se sont fait gaver , pendant plus de 70 ans, un Kafka hautement lugubre. Kafka n'étant pas seulement celà, il y allait aussi d'un humour qui lui revenait de droit, un humour qui ne se donne qu'enveloppé dans sa résonance vaginale. Ou alors sous la plume d'un traducteur bien inspiré, aussi bien inspiré que Ph. Jaccottet pour Robert Musil.... Dans le cas bien précis de Kafka, je crois que ses bibles sont à traduire tous les sept jours, selon les modes de réception du moment.

















art
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Cher Gar , tu as une belle plume, merci de montrer l'exemple.
Reply #2 Top
Merci cher Jefel
Je te sais gré de m'avoir ainis encouragé. je voulais juste écrire, pour ma gueule, comme on dit. Je penserai à votre encouragement chaque fois que je me mettrai à bloguer .... mes amitiés cher ami ;)
Reply #3 Top
De meme, je vais essayer de publier un article francais d'ici quelques jours, mais j'ai perdu l'habitude
Reply #4 Top
Je serai le premier à te lire et à l'occasion de te répondre ... jamais je n'écrirai que dans cette lanque là : LE FRANCAIS, c'est un butin de guerre comme disait un écrivain algérien (kateb Yacine)
Reply #5 Top
Bien dit

Reply #6 Top
cher Gar Amud, j'ai bien aimé.tu m'as fait redecouvrir la beauté cette langue.