None, not one
avec un poème de Robert Green Ingersoll
Notre société que nous disions il y a encore quelque temps jeune dans son écrasante majorité ne l’est plus, ou presque. Pour s’en convaincre, nul besoin d’en appeler à l’éloquence des chiffres et des statistiques, ces dernières étant perçues de plus en plus comme « l’art de mentir avec précision »… pour ce faire, il suffit juste de jeter un coup d’œil sur cette même société pour déceler des signes de son vieillissement et il y en a de ces signes qui ne trompent pas pour autant qu’on soit attentif à leur bruissement.
Je m’en rends compte maintenant que j’ai sous les yeux un bout de papier faisant état d’un appel à la générosité des croyants pour « cotiser » afin de bâtir une demeure pour l’imam d’une mosquée du coin, elle-même construite par les habitants du secteur. Je n’ai rien contre l’imam ni contre la mosquée ; mais combien sont-ils à n’avoir pas de domicile fixe non pas dans ce pays mais juste dans le coin ? Et pourquoi est-ce que dans tout Ouled Oujih, la ville-dortoir de Kénitra, il n’y a pas d’hôpital, pas de lycée, pas de jardin, pas de bibliothèque, pas de ciné, pas de piscine, pas de théâtre, … sinon un petit commissariat de police, une myriade de mosquées et … un club de pétanque ! A cela, il n’y a qu’une explication possible, c’est un double effet : de l’âge et de la foi retrouvée, tardive. Arrivé à un certain âge, l’on cherche à absoudre ses pêchés et l’on se met dans la tête, à tort ou à raison, que bâtir une mosquée en est le moyen le plus sûr, ou à défaut, faire le pèlerinage. A ce sujet, la sagesse populaire dit que seules vont à les personnes qui ont fauté dans leur vie (ma kaimchi lel hadj ghir li dar 3lach) … mais on oublie qu’il y a aussi des enfants à éduquer, à élever dans un environnement sain et qui ne saurait se suffire des seuls lieux de culte.
What (In)fidels Have Done.
One hundred years after Christ
had died suppose someone had
asked a Christian, What hospitals
have you built? What asylums have
you founded? They would have said
"None."
Suppose three hundred years
after the death of Christ the same
questions had been asked the
Christian, he would have said
"None, not one." Two hundred years
more and the answer would have
been the same. And at that time the
Christian could have told the questioner
that the Mohammedans had
built asylums before the Christians.
He could also have told him that
there had been orphan asylums in
for hundreds and hundreds
of years, hospitals in , and hospitals
for the sick at .
Robert Green Ingersoll