Bureau de tabac
un poème de Fernando Pessoa
http://francais.agonia.net/index.php/poetry/85978/print.html
from
JoeUser Forums
Je ne suis rien.
Jamais je ne serai rien.
Je ne puis vouloir être rien.
Cela dit, je porte en moi tous les
rêves du monde.
Fenêtres de ma chambre,
de ma chambre dans la fourmilière
humaine unité ignorée
(et si l'on savait ce qu'elle est, que
saurait-on de plus ?),
vous donnez sur le mystère d'une rue
au va-et-vient continuel,
sur une rue inaccessible à toutes les
pensées,
réelle, impossiblement réelle,
précise, inconnaissablement précise,
avec le mystère des choses enfoui
sous les pierres et les êtres,
avec la mort qui parsème les murs
de moisissure et de cheveux blancs
les humains,
avec le destin qui conduit la
guimbarde de tout sur la route de
rien.
Je suis aujourd'hui vaincu, comme si
je connaissais la vérité;
lucide aujourd'hui, comme si j "étais
à l'article de la mort,
n'ayant plus d'autre fraternité avec
les choses
que celle d'un adieu, cette maison et
ce côté de la rue
se muant en une file de wagons, avec
un départ au sifflet venu du fond de
ma tête,
un ébranlement de mes nerfs et un
grincement de mes os qui démarrent.
pour lire la suite :"
Jamais je ne serai rien.
Je ne puis vouloir être rien.
Cela dit, je porte en moi tous les
rêves du monde.
Fenêtres de ma chambre,
de ma chambre dans la fourmilière
humaine unité ignorée
(et si l'on savait ce qu'elle est, que
saurait-on de plus ?),
vous donnez sur le mystère d'une rue
au va-et-vient continuel,
sur une rue inaccessible à toutes les
pensées,
réelle, impossiblement réelle,
précise, inconnaissablement précise,
avec le mystère des choses enfoui
sous les pierres et les êtres,
avec la mort qui parsème les murs
de moisissure et de cheveux blancs
les humains,
avec le destin qui conduit la
guimbarde de tout sur la route de
rien.
Je suis aujourd'hui vaincu, comme si
je connaissais la vérité;
lucide aujourd'hui, comme si j "étais
à l'article de la mort,
n'ayant plus d'autre fraternité avec
les choses
que celle d'un adieu, cette maison et
ce côté de la rue
se muant en une file de wagons, avec
un départ au sifflet venu du fond de
ma tête,
un ébranlement de mes nerfs et un
grincement de mes os qui démarrent.
pour lire la suite :"
mais cela n'ôte rien au génie de Fernando Pessoa, poète de l'Europe post-moderne s'il en est ... je viens de découvrir Marin soresco, un autre poète qui gagnera à être lu par les francophones... quant à Frederico Garcia Lorca inutile de rajouter quoi que ce soit